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Pas si bête !

L’opéra c’est vous # 5e édition
Théâtre des Bouffes du Nord
le 3 juin 2022 à 19h30 
Plan de montage du décor réalisé par le classe de CAP mécanique auto du lycée C.Jenatzy

Méfions-nous des discours qui endorment !
 Qu’est ce que l’animal nous dit de nous -mêmes ? Partant du Souriceau stupide,opus 56 opéra miniature composé par Chostakovitch en 1939 qui met en garde contre les discours qui endorment, nous avons  proposé à des amateurs de 6 à 100 ans et de jeunes musiciens professionnels de poursuivre cette réflexion à travers un projet de création collective Pas si bête!

Les ateliers menés pendant six mois dans une dizaine d’établissements cherchent à ouvrir la réflexion le plus largement possible, du CP à l’Ehpad en passant par le Choeur des Grandes Ecoles et un foyer de vie pour personnes en situation de handicap psychique. Tout le travail mené dans ces ateliers consiste à créer les conditions pour permettre à chacun de faire entendre la musique qu »il a en lui. Et d’être en mesure de l’entendre. 

Un exemple : Dernier atelier dans la classe de CAP mécanique automobile du lycée Camille Jenatzy, Après avoir fait des jeux rythmiques avec les klaxons, nous allons au foyer où un piano est à disposition des élèves. Rares sont ceux qui s’aventurent. Cette fois, presque tous ont accepté de jouer, ne serait-ce qu’une note. Brindhan, un jeune tamoul, nous joue une mélodie, une mélodie de son enfance. Franck Krawczyk , compositeur et pianiste, la rejoue de mémoire et, l’associant à une mélodie de Schubert, en change une note sans s’en rendre compte. Brindhan réagit immédiatement. 
– Non c’est pas ça, tu vois, il faut repasser par le centre. 
Franck K. la rejoue alors avec la bonne note, Brindhan retrouve son sourire. 
Une seule note fausse et c’est le centre qui avait été manqué, autrement dit, toute chance d’un contact profond avec lui. 

Au fil des ateliers, quantité de matériaux ont ainsi été proposés aussi divers et surprenants que les 170 personnes que nous avons rencontrées pendant ces six mois.

 
En résidence au Théâtre des Bouffes du Nord la semaine prochaine, nous tisserons la toile de ces expériences vécues avec chacun d’eux. 
avec 
Ecole élémentaire Lépine (Paris 18eclasse CP/ CE1  
Collège Marie Curie (Paris 18e) classe UPE2A
Lycée des métiers Camille Jenatzy (Paris 18e) classe CAP 1ere année mécanique automobile 
Microlycée (Paris 14e)  
Lycée des métiers Jules Verne de Sartrouville 1ere année de DN MADE costumes et accessoires  
Foyer de vie Camille Claudel (Paris 20e) 
EHPAD Les Quatre Saisons (Bagnolet) 
Conservatoire du IXe, ensemble vocal 
COGE (Choeurs et Orchestre des Grandes Ecoles)
Les planches à musique, ensemble instrumental 
des participants des éditions précédentes
Tiphaine Chevallier soprano
Marion Vergez-Pascal mezzo-soprano
Andoni Etcharren baryton-basse 
Atsumi Fukuda basson 
Viola Paço piano
Franck Krawczyk clavier et accordéon

L’Affaire Clemenza

Plein Jour poursuit son exploration des opéras de Mozart affranchie des codes de la représentation pour proposer au public le plus large possible d’entrer de plain pied et au présent dans les chefs d’oeuvre.

Ce travail mené avec des jeunes artistes en voie de professionalisation est l’occasion d’une appropriation personnelle de la partition. Les airs et les ensembles sont chantés en italien, les récitatifs sont remplacés par des dialogues en français.

Avec L’affaire Clemenza, le compositeur Franck Krawczyk saisit sur le vif Wolfgang Amadeus Mozart le jour du jugement du procès que lui a intenté son protecteur pour dettes.


Au cours de la discussion qu’il a avec ses amis inquiets de ses problèmes personnels – dettes, surmenage, maladie – vie et œuvre se confondent, les airs et ensembles de la Clémence de Titus témoignant des états émotionnels du compositeur, à la manière d’un journal intime. 

Pour cette adaptation de l’opéra pour piano et clarinette, Franck Krawczyk et Plein Jour invitent ainsi de jeunes chanteurs professionnels à s’emparer de l’œuvre dans l’esprit d’une création. 

Opéra de Lyon / musique de chambre

Berg-Bartók-Ustvolskaya ou la nostalgie de la modernité

Dans l’opposition récurrente des anciens et des modernes visant à discréditer l’un au profit de l’autre, nous négligeons la possibilité d’entendre la tension de l’un vers l’autre, voire la présence de l’un dans l’autre. 

Dès lors, comment ne pas percevoir, dès les premières mesures de Berg, l’esprit désinvolte de la première école de Vienne (Mozart-Haydn-Beethoven) dans les mains rigoureuses de la seconde (Schoenberg-Berg-Webern), ou bien chez Bartók, à travers le souvenir de la ruralité hongroise, l’exaltation de la découverte du jazz et de New York ? Et au cœur de la musique d’Ustvolskaya, comment pourrions-nous ignorer le questionnement abstrait de l’espace religieux au temps dur du réalisme soviétique ?

C’est comme si agissait en eux, un jeu de tension sans résolution entre la forme et le langage, laissant ce conflit loin derrière tant leur prodigieuse oreille a su déceler depuis l’enfance toute la modernité des anciens dans l’écoute de la musique de leur temps.

Franck Krawczyk

Alban Berg
Quatre pièces op.5 pour clarinette et piano
Adagio du Kammerkonzert, transcription de l’auteur pour violon, clarinette et piano

Béla Bartók
Contrasts Sz 111 pour clarinette, violon et piano

Galina Ustvolskaya 
Trio

Raphaëlle Rubio violon
Sergio Menozzi clarinette
Franck Krawczyk piano

les 20 et 21 novembre 2021

L’oreille harmonique d’Henri Dutilleux

Festival Au fil de l’onde / 29 octobre 2021

Dans le cadre du festival Au fil de l’onde organisé par la Maison Dutilleux, Franck Krawczyk interviendra le vendredi 29 octobre de 14h30 à 17h lors de la journée d’études intitulée Le compositeur dans la cité.

L’oreille harmonique d’Henri Dutilleux par Franck Krawczyk, compositeur :

« Déchiffrant devant le Maître, au soir de sa vie, une de ses mélodies de jeunesse qu’il continuait d’affectionner, je fis une erreur de lecture. « Non mon cher, ceci n’est pas de moi mais de vous! » dit-il avec une subtile gentillesse.

S’en suivit une très longue discussion sur le sentiment harmonique, l’oreille et ses influences, et surtout sur ce « moi » et ce « vous » qui n’ont dès lors jamais cesser de se confondre dans le temps qui passe depuis sa disparition.

Loin de toute idée d’explication, j’aimerais pourtant rouvrir avec vous,
l’espace d’un instant, un peu de ce moment.
»

Radio France

Concert de rentrée du Chœur de Radio France
dirigé par Martina Batič

DIMANCHE 19 septembre à 16H / AUDITORIUM

RICHARD WAGNER/FRANCK KRAWCZYK
M. W. nach Tristan

CLAUDE DEBUSSY
Nocturnes : Nuages – Fêtes
(transcription pour huit violoncelles de Renaud Guieu)

RICHARD WAGNER
Lohengrin : Prélude
(transcription pour huit violoncelles de Renaud Guieu)

FRANCIS POULENC
Figure humaine

Musiciens de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE
CHŒUR DE RADIO FRANCE
MARTINA BATIČ direction

En création

Dessin réalisé par Mozart

L’Affaire Clemenza

D’après un épisode de la vie de Mozart et La Clémence de Titus

Plein Jour / Direction musicale : Franck Krawczyk

Plein Jour s’engage dans un projet de création pour soutenir l’activité de jeunes chanteurs aussi dans le contexte de la crise sanitaire.

Avec des partenaires comme Insula Orchestra et la Ville de Sarcelles, un compositeur et une équipe artistique invitent le plus grand nombre possible de jeunes chanteurs à s’emparer d’une œuvre majeure du répertoire lyrique – La Clémence de Titus de Mozart – pour en proposer une nouvelle dramaturgie L’Affaire Clemenza, qui remet l’énergie des répétitions et de la représentation dans un contexte de création.

Ce projet a pour ambition de révéler leurs capacités d’innovation, d’adaptation et d’incarnation d’un rôle, les deux distributions étant issues de formations prestigieuses telles l’Académie Philippe Jaroussky, le Département Supérieur pour Jeunes Chanteurs du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris et le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

Les premières représentations auront lieu dans l’écrin de La Petite Seine sur l’Ile Seguin puis à l’auditorium Gérard Grisey de Sarcelles, offrant à chaque distribution la joie de chanter Mozart aujourd’hui, dans l’esprit d’une création.


Vitellia/ Prince Lichnowsky soprano Margaux Poguet, Apolline Rai-Westphal

Servilia / Mlle de Destary soprano Camille Chopin, Morgane Kypriotti

Sesto/ Mozart mezzo-soprano Lise Nougier, Mathilde Ortscheidt

Annio/ Constance mezzo-soprano Flore Royer, Marion Vergez-Pascal

Tito/ Prince Galitzine ténor Arnaud Rostin-Magnin, Abel Zamora

Publio/ Vladimir baryton-basse Pierre Chastel, Adrien Fournaison

Mozart Antoine Bretonnière, Faustine Rousselet

Clarinette/ cor de basset Carjez Gerretsen, Pierre Ragu

Piano Franck Krawczyk, Vjola Paço

Lumières Kelig Le Bars

29 et 30 juin 2021 La Seine Musicale / Ile Seguin
4 et 5 février 2022 Auditorium Grisey / Sarcelles

Production Plein Jour

Coproduction Insula Orchestra



Coproduction
Ville de Sarcelles

13 et 14 mars 2020

Marie-Agnès Gillot / Laurence Equilbey

LE JEUNE HOMME ET LA MORT
Chorégraphie : Roland Petit (remonté par Luigi Bonino)
Livret : Jean Cocteau
Danse : Marie-Agnès Gillot et Antonio Conforti
Musique : Jean-Sébastien Bach, Passacaille en do mineur, orch. F. Krawczyk
Insula orchestra
Laurence Equilbey, direction
Éléments scéniques d’après : George Weick
Costumes : Karinska
Lumières : Jean-Michel Désiré

Création le 25 juin 1946 au Théâtre des Champs- Elysées
Coproduction STS EVENEMENTS – La Seine Musicale / Insula orchestra
Remerciements à l’Opéra National de Paris

La Seine Musicale





WITCH TRIO

de Franck Krawczyk

Trio Karénine

Commande de La Belle Saison

http://www.bouffesdunord.com/fr/la-saison/trio-karenine-franck-krawcyzk

Critique de Jean-Christophe Ferrari dans Transfuge

Dans la fosse, au choeur de l’opéra

Par Jean-Christophe Ferrari
la fosse

Pour « assister » à une « représentation » de La Fosse – la nouvelle performance conçue par Christian Boltanski, Jean Kalman et Franck Krawczyk à l’invitation de l’Opéra Comique –  les « spectateurs » sont invités à pénétrer dans un long parking bordé de rideaux blancs. Là des automobiles sous housse, des pianistes et des violoncellistes disséminés dans ce grand hangar de pierre, des chanteurs mêlés au public,  des personnages masqués, des visages informes. Le spectacle déjà  (c’est-à-dire jamais) a commencé, le décor déjà vibre, les sons déjà flottent dans la fosse.  Comment écoute-t-on un mélodrame qui n’a ni début ni fin, c’est-à-dire pas de narration ?  Comment écouter de la musique quand  on ne peut  ni visualiser ni identifier la source de celle-ci (l’orchestre, les chanteurs, les musiciens) ? Quand elle est partout et nulle part ?  Comment regarde-t-on un opéra qui n’est pas représenté sur une scène ?

Eh bien au début, on s’interroge : dois-je choisir un endroit d’où mon regard pourrait embrasser l’espace le plus large possible ? Ou ferais-je mieux de déambuler dans cette grand étendue sombre ? Mais alors comment ? Mutique et secret comme si je me frayais un chemin dans l’orgie d’Eyes Wide Shut ? Ou bien guilleret et convivial en claquant la bise à tous mes potes mélomanes et en prenant des photos avec mon smartphone, photos que je relaie immédiatement sur les réseaux. ? Puis-je demander à cette belle violoncelliste pourquoi elle ne joue pas de son instrument ? Ai-je le droit de m’asseoir sur l’une des chaises éparpillées dans le « décor » ?

Puis, au fur et à mesure de mes mouvements, de mes hésitations, des longues rampes fiévreuses de violoncelle, des accords martelés au piano, des mélopées plaintives, toutes ces questions tombent peu à peu pour laisser place à un sentiment  aussi tenace que grisant : je ne suis pas devant un scène, je suis traversé par l’espace. Celui-ci s’infiltre en moi, me pénètre.  Et pas n’importe quel espace : une fosse précisément, un lieu  sombre et enfoui d’où s’élève une plainte – une supplication – vers les hauteurs et la lumière.  Me voilà au coeur de ce que l’opéra a peut-être de plus archaique, de plus originel : le choeur des suppliants. A savoir un appel vers la transcendance s’élevant d’une sorte de fosse aux lions légendaire.

Alors, bien sûr, il m’est possible de sortir à tout moment de ce sous-sol pour retrouver le sol et ainsi faire cesser l’expérience de la supplication. Mais voilà : le spectacle n’ayant pas de fin, le fait de sortir attesterait davantage de mon caprice individuel que de l’action d’une transcendance. Or seule la transcendance peut répondre à la supplication.  Et puis si je sors, je sais que là-bas, en bas, dans le parking, ça continue de supplier, ça continuera toujours de supplier. La Fosse m’a  donc fait ressentir et comprendre cette chose grave et exaltante  à la fois (une chose qui est au coeur du savoir opératique) : la supplication ne cessera jamais, la supplication ne saurait être mise à distance par sa représentation,  la supplication fait partie intégrante de l’ordre cosmique. Comprendre cela c’est être au plus près de ce qui nous fait  viscéralement aimer l’opéra.  Ressentir cela constitue une expérience bouleversante qui, j’en suis sûr, continuera longtemps de me hanter.

Photo DR Stefan